Suzanne Valadon

« …Marie Clémentine Valadon née le 23 septembre 1865, de père inconnu, à Bessines-sur-Gartempe, dans le Limousin. La grand-mère d’Utrillo, après avoir élu différents domiciles, s’établit impasse Guelma, à Montmartre. Un choix qui n’allait pas être sans conséquence, puisque la lingère installait son « commerce » de blanchisserie à proximité d’ateliers d’artistes nouvellement construits…

Très vite elle apprit à maîtriser sa condition de femme, s’efforçant d’en convertir les handicaps en atouts. Attentive à plus de sécurité matérielle, elle se rapprocha de Puvis de Chavannes : elle devint son modèle, il devint son amant. Clémentine Valadon, Suzanne pour les intimes, c’est Nana de Zola que l’on convoite pour son charme et sa beauté. Dans l’acte de naissance de son fils, elle se dit « couturière ». On peut supposer qu’elle passait plus de temps à tisser ou à dénouer des aventures sentimentales qu’à tirer l’aiguille ou tenir le fer.

Avant de devenir le modèle (et la maitresse) de Puvis de Chavannes, elle avait fait la rencontre de Miguel Utrillo y Morlius. Au bas d’un portrait à la mine de plomb qu’il réalisera d’elle, on pouvait lire : Souvenir de la guerre de sept ans ! Dédicace éloquente en guise d’épitaphe ! Lassé des amours tumultueuses, l’amant blessé retournera en Espagne pour plusieurs années. De retour à Paris, il reconnaissait, en 1891, Maurice Valadon comme son fils en demandant pour lui la nationalité française. Puis celui qui fit découvrir Montmartre et Paris à Pablo Picasso disparut, définitivement cette fois.

A fréquenter les peintres, Clémentine, devenue Suzanne Valadon, se découvrit du talent. Prenant son fils ou la fille de sa concierge comme modèles, elle produisit de très beaux dessins….Suzanne se lança avec frénésie dans le monde des arts. On la surnomma d’ailleurs la terrible Maria ! Elle posa pour Toulouse-Lautrec et Renoir. Elle fit la connaissance de Degas grâce au sculpteur Bartholomé. Degas, le maître découvrit ses dessins avec enthousiasme : « Ma fille, c’est fait. Vous êtes des nôtres », s’écria-t-il. Tout s’enchaîna très vite pour Suzanne. Elle peignit ses premières huiles, dont le célèbre portrait d’Erik Satie, avec qui elle eu une courte liaison. Et puis, en 1895, ce fut la consécration : elle était admise à exposer à la Nationale…
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